Concours des jeunes chercheurs : Francophonie, légitimité et devenir

Concours des jeunes chercheurs : Francophonie, légitimité et devenir

 

Bref résumé
L'AUFC invite les étudiant(e)s de 1er et de 2e cycle à soumettre une proposition de communication afin de courir une chance de participer gratuitement au colloque.

Descriptif intégral
FRANCOPHONIE, LÉGITIMITÉ ET DEVENIR

Le Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne organise, dans le cadre du 80e Congrès de l’Acfas, un colloque multidisciplinaire portant sur la francophonie en situation minoritaire; ce colloque aura lieu au Palais des congrès de Montréal, les 8 et 9 mai 2012. Le comité organisateur invite tous les chercheurs et étudiants intéressés par le thème à soumettre une proposition de communication en vue de leur participation au colloque.

CONCOURS des JEUNES CHERCHEURS
L’Association des universités de la francophonie canadienne (AUFC) et le Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne invitent les étudiants et étudiantes de 1er et de 2e cycle à soumettre une proposition de communication sur le thème Francophonie, légitimité et devenir – tel que décrit dans le présent appel de communications. Dix (10) gagnants participeront gratuitement aux journées du colloque, où ils seront invités à présenter leur communication (voir les règlements dans la section Concours des jeunes chercheurs). Les communications des étudiants de 3e cycle seront prises en considération selon la disponibilité des fonds.

Date limite : 16 janvier 2012

FRANCOPHONIE, LÉGITIMITÉ ET DEVENIR

La question de la légitimité est centrale pour toute communauté minoritaire. Elle se pose sur deux plans : les perspectives externe et interne. D’un point de vue externe, on peut se questionner sur la légitimité qui est accordée – ou non – aux aspirations collectives du groupe par la société globale, c’est-à-dire, grosso modo, par la majorité; ce premier plan de réflexion se penche sur la reconnaissance du droit à l’existence et à l’épanouissement des collectivités minoritaires. La perspective interne s’intéresse, quant à elle, à la légitimité qui est conférée aux projets collectifs (communautaires, nationaux ou nationalitaires, selon le cas) par les individus mêmes qui composent ladite minorité; il s’agit de la légitimité interne des orientations choisies pour le devenir du groupe par les élites définitoires.

La reconnaissance – ou la non-reconnaissance – de la légitimité des aspirations collectives des francophones a toujours été l’un des aspects centraux de la construction du Canada – de l’Acte de Québec (1774) à aujourd’hui, en passant par la Confédération, les crises scolaires, la Loi sur les langues officielles et l’Accord du lac Meech, pour ne nommer que quelques épisodes. Cependant, derrière cette constance thématique se cachent des développements importants : en effet, lentement mais sûrement, ces épisodes récurrents ont transformé radicalement le paysage juridique et social où les francophones évoluent.

Parmi les moments charnières qui marquent l’histoire de la francophonie canadienne, il faut mentionner la Commission royale d’enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme, dont l’enquête pancanadienne dans les années 1960 avait révélé au grand jour l’infériorité du statut socio-économique des Canadiens français; le contenu de l’étude apporta de l’eau au moulin de ceux qui insistaient pour dire que les Canadiens français – toutes régions confondues – devaient impérativement mettre en place les moyens nécessaires pour se prendre en main. Dans les mêmes années, les États généraux du Canada français visaient à faire le bilan de la situation du Canada français et à décider de certaines grandes orientations sur « l’avenir de la nation » : à une époque où l’État-providence se mettait en place et où le rôle des gouvernements se modifiait, les questions de la légitimité et du devenir du projet national étaient mises sur la table et, pour la première fois, envisagées différemment en fonction des provinces.

C’est ainsi que les années et les décennies qui ont suivi la Commission et les États généraux ont vu les francophones du pays se doter de nouveaux outils et prendre de nouveaux moyens dans le but d’arriver à une situation d’égalité culturelle et linguistique avec leurs concitoyens anglophones. Ils le firent toutefois selon des modalités différentes d’une province à l’autre. « L’éclatement » du Canada français mena chacune des collectivités francophones à renégocier son visage public ainsi que ses projets et sa place avec les gouvernements provinciaux et le gouvernement fédéral. Parallèlement, elles cherchèrent à rallier leurs membres présumés à cette identité et à ces projets sous la bannière de nouveaux drapeaux.

Quel bilan doit-on faire maintenant de l’évolution contemporaine de la légitimité des francophonies du pays? Est-ce que la légitimité des projets francophones diffère selon les provinces? Existe-t-il un espace légitime pour un projet francophone pancanadien? Par ailleurs, quelles sont l’ampleur et la solidité des gains obtenus? Est-il toujours opportun de parler de « rattrapage »? Du côté juridique, peut-on affirmer avoir atteint l’égalité collective? Ou, au contraire, doit-on constater que seule l’égalité individuelle s’est prouvée atteignable? Si l’égalité individuelle a bien été acquise, est-elle suffisante pour assurer l’épanouissement de la culture francophone?

La question de la légitimité soulève aussi celle du rapport à l’autre. De plus en plus, aujourd’hui, la francophonie canadienne adopte le discours de la valeur ajoutée pour convaincre le public canadien des bienfaits de la dualité linguistique (Gilbert et Plourde, 1996; Heller, 2011). Quels sont les effets de ces discours justificateurs et comment se positionne la majorité anglophone face à la question de la place des francophones? Y a-t-il eu des changements depuis les années 1960 quant à l’opinion publique de la majorité? La dualité linguistique s’est-elle imposée, depuis, comme un aspect inhérent à l’État canadien, au même titre que le multiculturalisme et l’assurance-maladie? Bref, les ambitions exprimées par les francophonies canadiennes ont-elles été reconnues comme légitimes? Quelle est la place de ces collectivités dans le regard des autres Canadiens et dans celui des institutions de la francophonie internationale?

Du point de vue des communautés, la représentativité parfois contestée de leurs institutions nous ramène à la question de la légitimité. Le processus politique fait souvent en sorte que les gouvernements feront appel aux associations francophones pour connaître le point de vue des communautés en entier. Comment se négocie ce consensus, avec quels effets d’inclusion et d’exclusion? Quels sont les espaces où les francophones peuvent, à l’instar de la majorité, débattre des enjeux qui les concernent? Par ailleurs, la réussite, à titre individuel, de plusieurs francophones sur le plan économique mine-t-elle le déploiement de projets collectifs? Qui sont les francophones qui restent en marge des gains socio-économiques des francophones dans leur ensemble, et quels sont les défis qu’ils rencontrent? Les liens entre le besoin de consensus et l’étatisation de la communauté restent à être explorés.

La légitimité se calcule souvent dans le rapport à l’autre, mais le devenir appartient aux francophonies elles-mêmes. Comment se définissent et se projettent les collectivités francophones dans l’avenir? Quelles sont leurs aspirations quant à leur devenir? Comment se perçoivent-elles dans un contexte de diversité culturelle et de mondialisation? Quels rôles donnent-elles à leurs représentants et à leurs institutions?

Voilà donc les propos qui alimenteront les discussions lors du Colloque 2012.


Références

HELLER, Monica. Paths to post-nationalism: a critical ethnography of language and identity, New York, Oxford University Press, Inc., 2011, 223 p.
L’Ontario français, valeur ajoutée? Actes du colloque tenu à l’Université d’Ottawa, le 26 avril 1996, textes réunis par Anne Gilbert et André Plourde, Ottawa, CRCCF, 1996, 128 p.

Nous invitons les chercheurs et les étudiants à nous faire parvenir leur proposition de communication, laquelle doit porter sur une ou plusieurs questions soulevées par le sujet de la légitimité ou du devenir des communautés francophones. Toutes les disciplines sont les bienvenues.


Comité organisateur
Anne-Andrée Denault (CRFPP)
Joel Belliveau (Université Laurentienne)
Diane Côté (FCFA)
Kenneth Deveau (Université Sainte-Anne)
Mireille McLaughlin (Université d’Ottawa)
Lianne Pelletier (Université Laurentienne)
David Welch (Université d’Ottawa)

Chercheuse principale
Anne-Andrée Denault (CRFPP)

Organisateur et partenaires
Association des universités de la francophonie canadienne
Centre de la francophonie des Amériques
Patrimoine canadien
Réseau de la recherche sur la francophonie candienne

Comité scientifique
Comité consultatif de la recherche, AUFC


Modalités d’inscription au concours
Proposition d’une communication au colloque
– Concours des jeunes chercheurs –

L’Association des universités de la francophonie canadienne (AUFC) et le Réseau de la recherche sur la francophonie canadienne invitent les étudiants et étudiantes de 1er et de 2e cycle – inscrits dans une université membre de l’AUFC – à soumettre une proposition de communication afin de participer au Concours des jeunes chercheurs. Les gagnants seront invités à présenter leur communication lors du colloque tenu dans le cadre du 80e Congrès de l’Acfas (qui aura lieu à Montréal, en mai 2012).

Les dix (10) gagnants sélectionnés verront les frais inhérents à leur participation pris en charge, jusqu’à un maximum de 1000 $, le tout conformément aux lignes directrices établies par l’AUFC. – Un document explicatif de la prise en charge sera envoyé aux étudiants retenus. – La désignation des gagnants sera effectuée par un jury, sur la base des critères de sélection définis ci-après. Les communications des étudiants de 3e cycle seront prises en considération selon la disponibilité des fonds.

Présentation – La proposition devra être présentée comme suit :
- Coordonnées exactes de chaque étudiant qui compte présenter sa communication lors du colloque (nom, prénom, université et cycle d’études, adresse électronique). Les participants doivent également préciser si leur proposition de communication découle d’un travail effectué dans le cadre d’un cours et, le cas échéant, indiquer le nom de ce cours ainsi que celui du chargé de cours.
- Coordonnées exactes de chaque étudiant qui a participé au projet de recherche, mais qui ne sera pas présent au colloque (nom, prénom, université et cycle d’études, adresse électronique).
- Texte d’environ 400 mots, incluant les éléments suivants :
1. Objet/sujet de recherche*;
2. Brève exposition de la méthodologie utilisée;
3. Présentation succincte des résultats.
- Courte bibliographie (max. une page) appuyant la proposition.
- Biographie succincte, environ 5 lignes par étudiant.
* Les communications présentées devront préférablement porter sur le thème principal, mais pourront traiter d’autres sujets en lien avec la francophonie nord-américaine.
Critères de sélection – Les propositions de communication des participants au concours seront évaluées en fonction des critères suivants :
- La clarté de l’expression de la problématique et la cohérence des idées.
- L’apport d’informations nouvelles ou d’un regard original sur des réalités francophones ou sur des événements d’actualité touchant la francophonie.
- La pertinence de la proposition au regard du thème, des questions soulevées et des approches liés au présent appel de communications.

Soumission des propositions – En format électronique à l’adresse suivante : info@francophoniecanadienne.ca

Date limite d’inscription au concours et de soumission des propositions : 16 janvier 2012

Évaluation des propositions – Chaque proposition fera l’objet d’une évaluation par un comité scientifique constitué à cet effet. Les jeunes chercheurs et chercheuses dont la proposition aura été retenue seront informés de leur participation au Colloque 2012 par voie électronique, au plus tard le 20 février 2012.

Publication des actes – Les organisateurs encouragent les participants à soumettre le texte de leur communication sous forme d’article en vue de la publication des actes du colloque. Afin de faciliter et d’accélérer le processus d’évaluation des articles proposés, les textes devront être rendus disponibles au plus tard le 30 juillet 2012.
Consultez le document PDF pour plus de détails