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Le prochain budget : rétablir l'équité sociale et faire de l’éducation la priorité nationale

Communiqué

Montréal, le 3 mars 2011 – Dans le cadre des consultations prébudgétaires du gouvernement du Québec pour l’année 2011-2012, la FAE a déposé aujourd’hui son mémoire intitulé Pour une relance durable : rétablir l’équité sociale, faire de l’éducation la priorité nationale.

Le gouvernement Charest doit saisir l’occasion de préparer le Québec à faire face aux défis économiques en sortant du modèle de financement régressif axé sur la tarification des services pour accroître les revenus de l’État. Dans un esprit d’équité et de justice sociales, le gouvernement doit rétablir l’équilibre fiscal entre ce qui est attendu des entreprises et exigé des particuliers. Le gouvernement doit cesser de créer ou d’augmenter des tarifs en vue de faire porter par les particuliers dits « usagers » le poids du financement des services publics ou parapublics.

L’éducation, la priorité nationale

L’éducation ne doit plus être considérée comme une charge sociale, mais bien comme un investissement social et économique. Faire de l’éducation la priorité nationale en tant que levier de la réduction des inégalités sociales, en tant que moteur de développement social, culturel et économique et en tant que pierre d’assise d’un plan de relance de l’économie et de lutte à la pauvreté, voilà un projet de société autrement plus emballant et porteur d’avenir. Pour ce faire, le gouvernement doit augmenter les budgets consacrés à l’éducation, particulièrement pour les secteurs préscolaire, primaire, secondaire, de l’éducation des adultes et de la formation professionnelle et soutenir les milieux défavorisés, notamment en augmentant les budgets et les mesures de soutien à l’école montréalaise. L’emphase doit porter sur les mesures de soutien aux élèves handicapés ou en difficulté d’adaptation ou d’apprentissage (EHDAA). C’est une priorité budgétaire en éducation.

« Il y a urgence d’agir en ce domaine. Est-il nécessaire de rappeler le lien évident entre le manque de soutien aux élèves HDAA et le décrochage scolaire. Si ce gouvernement est préoccupé par les questions économiques, peut-on lui rappeler que le décrochage scolaire a un prix, autant pour celui qui n'a pas de diplôme que pour l'ensemble de la société. Un coût pour l’État estimé à près de 2 G$ par année par le Groupe d’action sur la persévérance et la réussite scolaires au Québec, présidé par Jacques Ménard, en 2009. Il faut revoir le modèle d’organisation des services pour les élèves HDAA et privilégier une approche qui mise sur la prévention précoce.

L’ajout de ressources est essentiel pour répondre aux demandes de services pour les élèves HDAA. Cela devrait être une priorité budgétaire, car c’est la mission même de l’École publique qui est en jeu, soit d’instruire dans le respect du principe de l’égalité des chances pour tous les élèves », a déclaré le président de la FAE, Pierre St-Germain.

Valoriser l’École publique

La FAE croit fermement qu’on ne saurait apporter de solutions à l’intégration des EHDAA sans également valoriser l’École publique et investir de façon à la soutenir pleinement. Cette valorisation de l’École publique passe par sa reconnaissance pleine et entière de la part du ministère de l’Éducation lui-même. Or, au Québec, on entretient toujours un système parallèle en subventionnant, à même les fonds publics, les écoles privées. Le gouvernement doit envoyer un message clair sur l’importance qu’il accorde à l’École publique en cessant de financer ces écoles privées. Il ne fait aucun doute que la vocation d’entreprise des écoles privées ne s’accorde pas avec le souhait d’une école égalitaire et universelle, et c’est ce que nous déplorons chaque année au sujet des subventions publiques dont elles bénéficient. Les sommes ainsi récupérées par l’École publique pourraient être réallouées, entre autres, pour relever le niveau des ressources et des services destinés aux élèves HDAA et mieux soutenir l’École publique à remplir sa mission éducative.

« La ministre Beauchamp a promis l’annonce d’un plan ministériel pour les élèves HDAA, d’ici juin 2011. Selon nous, l’urgence de la situation commande un engagement ferme et immédiat de la part du gouvernement, bien avant le dépôt du plan d’action promis pour garantir à la ministre la marge de manœuvre requise lui permettant de remplir ses obligations. Ce plan doit impérativement se traduire par des investissements nouveaux et substantiels. Nous nous attendons donc à ce que les sommes nécessaires pour augmenter l’offre de service aux élèves HDAA soient disponibles et annoncées dès le prochain budget du gouvernement, qui a une obligation de résultat dans ce dossier », de conclure M. St-Germain.

Dans son mémoire, la FAE rappelle qu’une école publique en santé, qui bénéficie de la confiance du gouvernement et de la société et qui repose sur des moyens à la mesure de cette confiance, peut agir de manière structurante, comme un véritable moteur social, culturel et économique. Donner à l’école publique les moyens de jouer ce rôle, c’est accorder à la société les moyens d’une relance durable.

Aujourd’hui, un gouvernement qui prétend vouloir assurer l’avenir des prochaines générations peut difficilement faire l’économie d’un tel choix.

La FAE regroupe neuf syndicats de l’enseignement qui représentent quelque 32 000 enseignantes et enseignants (le tiers du personnel enseignant au Québec) du préscolaire, du primaire, du secondaire, du milieu carcéral, de la formation professionnelle et de l’éducation des adultes ainsi que le personnel scolaire des écoles Peter Hall et du Centre académique Fournier.

-> Téléchargez le mémoire (PDF)

[Source : http://www.lafae.qc.ca/Default.aspx?page=4&NewsId=176〈=fr-CA]

Correspondant-e: 

Fédération autonome de l'enseignement (FAE) <http://www.lafae.qc.ca/>